Tout commença avec l'amitié Franco-libyenne qui n'a rapporté au final que 3 milliards d’euros à Areva (n'améliorant pas tant que ça le pouvoir d’achat de nos chers français) suivis ensuite du contrat avec l’Algérie (5 milliards), avec les Emirats arabes unis (470 millions), avec l’Inde (rien à court terme) et finalement avec la Chine (8 milliards).
La technologie EPR attire des convoitises et le plus grande puissance nucléaire (la France) profite de sa position pour nouer des amitiés avec d’autres pays et tirer profit de son avantage. De plus, l’Etat français est prêt à apporter son soutien à certains de ces pays auprès de l’AIEA. L’appui da la vieille France et de ses alliés américains dans les négociations internationales pourrait permettre à ces pays d’obtenir une dérogation auprès du SNG, le groupe des 45 pays fournisseurs d’énergie nucléaire.
Il joue encore sur son image mais surtout sur celle du pays des droits de l’homme
Est-il donc légitime de négocier avec Kadhafi dans le but de lui refourguer du nucléaire, lui, ce dictateur sanguinaire dont la politique fut pointée du doigt à cause de ses pratiques terroristes !? N'oublions pas toutefois que cette nouvelle amitié s'insère dans une perspective clairement économique : Sarko veut faire du guide libyen un allié commercial majeur dans le cadre d’une « Union Méditerranéenne ». Une amitié avec des Etats arabes pourrait résoudre le problème de la hausse du prix du pétrole ; être l’ami des décideurs de prix à la station d’essence ne peut être que bénéfique. Enfin la Chine, prête à détrôner la superpuissance des Etats-Unis, est un partenaire commercial de choix ; les chinois sont de gros consommateurs d’énergie et avec un baril à 100 dollars, le nucléaire semble clairement plus rentable.
L’enjeu écologique est également présent : suite aux accords de Bali, il semblait nécessaire de réduire les émissions de gaz à effet de serre. La France, voulant reprendre sa place sur la scène internationale, veut prolonger le jeu déjà commencé lors du Grenelle de l’Environnement. Car tout le problème est là : faut-il remplacer les énergies sales par d’autres moins dangereuses ? Elles sont dangereuses d’une part parce que les pays qui en seront responsables ne sont pas forcement « sérieux ». L'intérêt économique primerait largement sur les enjeux environnementaux, c'est-à-dire qu’un pays comme la Libye ou la Chine par exemple, ne serait pas prêt à respecter toutes les normes de sécurité. De cette façon un nouveau Tchernobyl pourrait avoir lieu.
L’autre problème, comme vous auriez pu le deviner est de nature militaire : y a-t-il un quelconque lien entre le nucléaire civil offert par Areva et une possible prolifération nucléaire ? Les entrepreneurs indiquent que les technologies transférées sont incompatibles avec une possible utilisation à but militaire. Officieusemen l’Inde et la Chine étant relativement proches du Pakistan, peuvent devenir des alliées nucléaires pour contenir le danger islamiste. Ainsi un nucléaire militaire ne serait pas sans interêts.
Mais restons-en au domaine strictement économique : le jeu diplomatique de Nicolas Sarkozy, bien que très mal vu dans d’autres pays occidentaux, ouvre sans doute la voie vers une transition lente du monde vers le nucléaire civil. Un problème environnemental va laisser place à un autre : les occidentaux ne savent déjà pas comment éliminer le matériel radioactif ; ne serions-nous pas en train d’offrir un gâteau légèrement empoisonné à ces pays, qui n’auraient
pas les moyens financiers et scientifiques pour s’en débarrasser ?!
Par Patou spécialiste du monde …arabo ?
1 commentaire:
Une très bonne analyse de l'enjeu et des conséquences du Nucléaire. Il est bon à se questionner sur le grenelle de l'environnment: déjà oublié?
Et puis les acheteurs du nucléaire francais ne sont pas des symboles de démocratie et de respect de l'environnement. A ce poser la question si Sarko ne déscendrait pas d'un milieu mafiosi?
Du reste, le Nucléaire reste une énergie fossile. Un jour, bientot, les ressources s'épuisseront. Or, c'est aujourd'hui que nous devons réfléchir et développer sur les nouvelles énergies. Mais, maintenant ce n'est plus une surprise, Sarko a une vision de l'avenir sur le très court therme
Mouton
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