| I |
l ne faut pas chercher très loin pour savoir les futurs titres des journaux dans les prochains jours: "Sarkozy se marie"! "Le Mariage surprise de Sarko et Carla"! "La Société Générale au bord du gouffre"? … Certains comme Paris Match (dieu merci avec eux la vie devient vraie) nous proposerons toute une panoplie du mariage de Sarko et de son futur gosse! Dans le même genre, nous trouverons aussi Le Figaro, mais qui sert au moins pour la cheminée et le barbecue. Dans un autre style, on aura Libération, qui même s'il critique la vie privée de notre omniprésident ne peut s'empêcher d'en parler.
En fin de compte, on ne parlera que de Sarko Ier et heureusement pour lui. Car pendant ce temps, personne ne s'intéressera à la nouvelle loi de Rachida Dati sur la rétention de sûreté des criminels dangereux. Que trouve-t-on à l'intérieur de ce projet de loi (insistons sur le projet, car espérons qu'il ne sera jamais appliqué)? En le lisant, on a l'impression qu'il sort tout droit d'un livre de Georges Orwell (1984) ou Aldous Huxley (le meilleur des mondes). Le gouvernement ose nous sortir ce truc, où il est dit que les individus condamnés à des peines de plus de 15 ans pour des actes de viols, de meurtres, de barbaries, devront passer devant une commission de magistrats et de psychiatres avant de sortir de prison.
S’ils sont jugés "dangereux"(qui donnera la définition de la dangerosité ?) pour la société, ils seront retenus en prison, plus exactement dans des centres socio-médico-judiciares, mais au fond c'est le même principe, et ce pour un temps indéterminé (pouvant aller donc jusqu'à la fin de la vie des individus).
Ne croyez pas que je me mets du coté des violeurs, tueurs et autres, mais je me ferais quelque peu "l'avocat du diable". Car cette loi visant à "défendre les victimes" est une grave violation des Droits de l'Homme.
En effet, depuis la Révolution, seuls les individus jugés coupables par un tribunal (normalement indépendant) peuvent se retrouver en prison pour payer leur dette à la société. Avec cette loi, les prisonniers, à la fin de leur peine, continueront un séjour en prison au lieu de retrouver leur liberté. Oui, "ils continueront", utilisons le futur simple. Car qui, entre le magistrat et le psychiatre acceptera d'endosser la faute d'avoir laissé sortir un violeur qui aura malheureusement récidivé ? Sans vouloir critiquer magistrats et psychiatres, ils sont enfermés dans les décisions à prendre et qui aura pour conséquences, à moins d'une certitude absolue, de maintenir enfermés les délinquants sans aucune décision de justice. En effet, les détenus passeront en commission. Ils ne peuvent pas passer devant un tribunal pour des faits qu'ils n'ont pas commis.
On est en pleine contre-utopie, où Big Brother contrôle enfin notre société. Pour le bien de tous, limitons nos droits. Oui nous vivrons peut être un peu plus en sécurité, mais à quel prix? Au prix de notre liberté? Car, je ne pense pas que la folie sécuritaire s'arrête ici. Si la loi sur la rétention de sûreté est votée et appliquée, qu'est qui empêchera Sarko ne continuer dans la même voie? La loi s'appliquera-t-elle aux autres délinquants: de petits vols, des traeders fous (ils seront retenus en prison si on les juges trop dangereux pour le patronat) !? On finira même, pour protéger les futurs victimes, par enfermer des individus avant même qu'ils aient commis les faits. Rendez-vous compte, on viendra vous arrêter pour avoir pensé à crever les pneus de votre patron qui vous a viré.
Mais le plus important c'est que nous vivrons en sécurité. Surveillés de partout, mais en sécurité. Et puis d'ailleurs, qu'avons-nous à faire de notre liberté, si chaque soir aucun français n'aura été volé? Mais au final, on ne se pose pas la bonne question. Alors pourquoi doit on en arriver à cette loi et restreindre les libertés individuelles? On nous sort continuellement que les autres lois n’ont donné aucun effet. Oui, il est vrai que les autres lois pour guérir les malades sexuels, les schizophrènes n'ont donné aucun résultat. Mais pourquoi? A chaque fois, c'est une question de moyens. C'est bien beau de faire des lois visant à suivre les délinquants sexuels, d'avoir un suivi particulier et de les aider dans leur maladie; mais sans financement on ne fera pas de miracle.
Et s’il a des récidives, n'est ce pas aussi une faute de notre système pénitentiaire? Le système devrait normalement réintroduire les individus dans la société. Au lieu de ça, les prisons marginalisent encore plus des individus déjà exclus par la société. Nous devrions nous questionner sur notre système au lieu de faire du chiffre et de mettre de plus en plus de monde dans les prisons, nous devrions essayer de comprendre pourquoi les individus se retrouvent en prison et faire en sorte qu'ils ne s’y retrouvent plus.
Malheureusement ce sont des questions que la société, le gouvernement et Sarko Ier ne veulent se poser. Les individus préfèrent avoir des résultats chocs à court terme et se questionner sur la vie privée de notre empereur (oulalalalala tu as vu chérie, notre président adoré a encore divorcé, et cela en pleine grève des journalistes pour qu'ils veulent retrouver leur indépendance !!).
Et pendant ce temps là, le Tibet est toujours emprisonné.
Sur ce à bientôt (ne l'espérons pas) et toutes mes amitiés mes Amis. Gardez votre Esprit critique et ne suivez pas le Troupeau
De Alexandre Choplin (un mouton)
1 commentaire:
je voudrai donner suite à mon précédent article sur la loi de rétention. Aujourd'hui, au 21 février 2008, le Conseil Constitutionnel donna son avis sur cette loi. Et au grand malheur les sages ont approuvés cette loi (bien qu'on doit avouer que les sages ont inséré quelques modalités sur l'application de la loi, mais le concept reste malheureusement le même). Enfin sages vite dits. Les sages devraient normalement sauvegarder la Constitution et les Droits de l'Homme, qui sont bafoués par cette loi. C'est malheureux de le dire, mais cette loi représente bien l'Histoire de la France. En France, démocratie et pays de la Révolution (qui dura pratiquement un siècle, précisément 91 ans) a toujours aimé les pouvoirs autoritaires (Napoléon par exemple) qui apparemment sont un peu plus rassurant. A croire qu'on est un sado sur les bords. Certes, il faut tout de meme souligner que le Conseil n'a pas validé la rétroactivité de la loi. Et Sarko, qui remet en cause la Constitution (art 62 qui dit que les décisions du Conseil s'impose à tous) et n'accpete aucune critique veut contourner cette décision.
Je n'aurai qu'une chose à dire: N'abaissons pas notre vigilance citoyenne ou on le regrettera un jour!
Enregistrer un commentaire